Mardi, Février 02, 2010

Un agriculteur gagne sa cause contre Monsanto devant la cour d’appel

Par Alexa Tymocko

L’agriculteur français Paul François gagne sa cause contre Monsanto après avoir été intoxiqué en avril 2004 par un puissant herbicide.

pesticide
Le 28 janvier dernier, la chambre sociale de la cour d’appel de Bordeaux a reconnu la corrélation entre les pathologies de l’agriculteur et l’intoxication à l’herbicide Lasso qu’il a subit le 27 février 2004. Paul François s’est intoxiqué au travail au moment où il nettoyait une cuve-pulvérisateur qui contenait l’herbicide redoutable.

Monsanto, fabriquant officiel du solvant en question, n’a retiré son produit du marché qu’en 2007, soit 3 ans après l’intoxication de l’exploitant agricole.

M. François explique qu’«à l’époque, (il a) eu de nombreux problèmes de céphalées suivis de pertes de connaissances et d’amnésie». Après cinq mois d’hospitalisation, il s’est rendu à Ruffec (Charente) pour rencontrer certains de ses collègues de travail. Il a constaté que plusieurs d’entre eux avaient subis des dommages similaires aux siens après un contact avec les solvants dangereux, souffrant eux-aussi des mêmes problèmes de santé aujourd’hui.

L’Associated Press rapporte que «la chambre sociale de la cour d'appel de Bordeaux était saisie par l'Assurance accident des exploitants agricoles (AAEXA), intermédiaire entre la profession et la Mutualité sociale agricole (MSA) qui s'opposait au jugement du tribunal d'Angoulême».

Le jugement rendu public par le tribunal reconnaît que «la rechute déclarée le 29 novembre 2004 par Paul François est directement lié à l’accident du travail dont il a été victime le 27 avril 2004 et doit être prise en charge au titre de la législation professionnelle».

L’avocate du cultivateur agricole a indiqué que les procédures nécessaires ont été mise en place auprès du tribunal de grande instance de Lyon contre le géant américain Monsanto pour «non respect des obligations de renseignement sur les précautions à prendre dans l’utilisation de solvants dangereux». La décision de la cour d’appel de Bordeaux est définitivement une première avancée pour les droits et la protection des agriculteurs utilisant des produits chimiques puissants.

D’autres victimes de pesticides


À lire différents témoignages, ce ne sont pas seulement les agriculteurs qui écopent des complications dues aux pesticides. Enfants, parents, mères de famille… les témoignages abondent. Chaque fois, c’est la même histoire. Les personnes présentant des symptômes liés à la pulvérisation d’herbicides et de pesticides sont nombreuses : problèmes cognitifs, neurologiques, visuels, olfactifs, cardiaques, respiratoires, dermatologiques, endocriniens, maux de tête violents, problèmes cutanés, problèmes respiratoires, suées, œdèmes des yeux, nausées, perte d'appétit

pulvérisation de pesticides dangereux

Le manque de recours


Les résidents avoisinant les terres agricoles ont souvent peu de recours. La plupart du temps, les premières démarches sont effectuées auprès de la mairie du village. Lorsque les plaintes ne sont pas considérées et que les questions restent sans réponse, les citoyens sont dépourvus de tout recours. Puisqu’aucune instance n’est en mesure d’éclairer ou de protéger le citoyen devant les limites de la santé et de l’environnement, l’État doit mettre en place une organisation chargée d’étudier la question en profondeur, mais aussi de protéger ses citoyens devant des entreprises mondiales telles Monsanto.

À la fin de l’année 2004, «commençant à nous inquiéter des absences de l'État à nous protéger et sur les conseils sur l'Association de défense des victimes des pesticides agricoles, nous avons porté plainte mais la juge d'instruction nous a accueillis comme des malfaiteurs, a bâclé son analyse, s'est considérée comme médecin-expert pour comprendre mon dossier médical, et a dédouané nos voisins de toute responsabilité au printemps 2006», raconte Chantal, une bretonne vivant à une quinzaine de mètres des champs agricoles.

Des lettres et des pétitions ont été envoyées au Ministère de l’agriculture, des affaires sanitaires et de l’environnement. Les questions restent toujours sans réponse. Qui protège le citoyen français ou le citoyen riverain de l’agro-chimi-culteur ? Qui protège la santé de la planète Terre ? Et surtout, qui garanti la base de l'alimentation du citoyen ordinaire? Les pesticides sont-ils rendu banals au point où leurs répercussions ne sont pas considérées par les agriculteurs et encore moins par l’État? Les lobbies ont-ils réussi à nous manipuler à ce point? Jusqu’où les firmes multinationales sont prêtes à aller pour défendre leurs intérêts financiers au détriment de la santé des habitants et de la planète?

Plus de renseignements:

* Combat Monsanto
* Le monde selon Monsanto
* Association Santé-Environnement en Rhône-Alpes
* Victimes des pesticides
Posté par David le 02/02 à 03:46 PM
Pesticides
(0) CommentairesPermalien

Nom:

Email:

Location:

URL:

Émoticones

Se souvenir de mes informations

Me notifier les réponses ?

Entrer le texte ci-dessous:


Page 1 de 1 pages