Jeudi, Mai 27, 2010

Cinq lauréats aux Global Awards for Sustainable Architecture

Par La cité de l’architecture
Le Global Award récompense chaque année cinq architectes qui partagent l’éthique du développement durable et ont construit, là où ils exercent, une démarche innovante, au Nord comme au Sud.

Bibliothèque d’Alexandrie
Snøhetta, d’Oslo à New York
L’histoire de Snøhetta commence en 1989 avec le concours de la nouvelle Bibliothèque d’Alexandrie, où l’on voit le jeune leader d’une agence norvégienne, Kletil Thorsen Trædal, réunir une équipe internationale et pluridisciplinaire et remporter le concours. D’un point de vue écologique, Snøhetta a su intégrer l’architecture et le paysage en un seul processus de conception et concevoir le projet comme un fragment de territoire, avec sa géographie, son climat, sa société plutôt que comme un objet. Aujourd’hui, 20 ans plus tard, la Bibliothèque a réveillé la culture cosmopolite d’Alexandrie et lui a rendu son rayonnement culturel.
L’achèvement récent de l’opéra d’Oslo (New National Opera House) fait écho à la Bibliothèque d’Alexandrie : voilà encore un objet métropolitain de dimension « xxl », comme le théorisait Rem Koolhaas, qui prend place avec tact dans une ville historique et une nature sublime.
Snøhetta est dirigé aujourd’hui par les quatre associés Trædal Kjetil Thorsen, Craig Dykers, Ole Gustavsen et Tarald Lundevall. L’agence compte aujourd’hui 120 collaborateurs et partage ses activités entre l’Europe, l’Asie et l’Amérique. La Bibliothèque d’Alexandrie a reçu le Prix de l’Aga Kahn en 2004. L’Opéra d’Oslo a reçu le Prix Européen Mies van der Rohe en 2009.

Troppo Architects

Troppo Architects, Australie
Troppo Architects a été fondé en 1989 par Phil Harris et Adrian Welke, dix ans après qu’une recherche d’étudiants leur ait fait découvrir le Top End, à la pointe nord de l’Australie. Darwin, la capitale, vit au rythme de son climat tropical à saisons sèche et humide. Le prototype de Troppo sera vite baptisé la Green Can, en hommage à la couleur et aux rondeurs d’une cannette de bière... Sur une ossature apparente légère, la maison se compose de deux ailes en enfilade, séparées par un corridor ouvert aux vents dominants, protégées du soleil par un double rang de vérandas, couvertes de toits de tôle largement ventilés. Le système repose sur l’évidement du centre, traité en lame de ventilation et de connexion entre extérieur et intérieur ; il permet de construire des maisons économiques, climatiquement confortables, facilement extensibles, économes en énergie. L’esthétique Green Can provoque, mais la proposition convainc. Une série de projets vont permettre à Troppo de développer, esthétique et économie liées, une « architecture en 10 points », fondée sur la légèreté constructive et la composition avec les éléments, vent, soleil et pluie. L’agence travaille avec les communautés aborigènes, pour des écoles, des maisons communes, travail précédé là aussi d’une étude attentive des traditions et du jeu avec le climat.

Junya Ishigami
Junya Ishigami, Tokyo
Le jeune architecte Junya Ishigami fait irruption en mettant en question le minimalisme made in Japan. Son premier projet, le Facility building pour l’Institute of Technology de Kanagawa, sa ville natale, a été achevé en mars 2008. Le Facility en activité : les équipes délimitent leur « territoire » avec des plantes vertes et du mobilier, circulent, l’ambiance est fluide et active à la fois. Nous sommes loin du calme olympien des colonnades miesiennes. Le lieu est un outil autant qu’un espace, maniable, appropriable, rendu vivable grâce à l’irrégularité de la trame. Opaque ici, ouverte là, elle permet de loger des « bulles » d’activité. La critique japonaise la compare à une forêt de bambous creusée de clairières… Le Facility d’Ishigami n’aborde plus la complexité du monde comme un obstacle à réduire mais comme la réalité même du projet. La complexité est maintenant une richesse que l’architecture doit servir avec fluidité. Les serres créées pour le pavillon japonais de la Biennale de Venise explorent, elles, un nouveau champ de recherche : quel est le rôle de l’architecture, maintenant que l’homme ne peut plus prétendre ordonner la nature mais doit apprendre à vivre avec elle ?

Giancarlo Mazzanti
Giancarlo Mazzanti, Bogota
L’urgence urbaine appelle à l’invention et c’est au Sud que l’on mène les expériences les plus innovantes. La ville de Medellin est devenue depuis 15 ans un des symboles de ce basculement. Le « Metrocable », créé par Giancarlo Mazzanti, est un réseau de tramways-funiculaires lancé sur les collines des favelas. Le réseau a désenclavé ces zones de non-droit et de non-ville. Ses stations ont servi de point d’appui pour combattre un travail d’irrigation attentif et continu, créant des places, sécurisant des voies, offrant aux habitants des espaces publics commodes et sûrs.

La seconde création de Mazzanti sont des Bibliothèques-Parcs, un réseau d’équipements culturels placés à des nœuds stratégiques (souvent en lien avec le Metrocable) pour ranimer la vie collective. Les Parque Bibliotecas offrent, outre des salles de lecture, des lieux de spectacle et des ateliers, des jardins publics et sûrs…La Biblioteca España construite en 2007 symbolise cet usage de la ville « comme ressource illimitée pour construire l’égalité ». Nous sommes dans une favela qui fut la plus dangereuse au temps des cartels et où la Ville a voulu implanter un lieu de reconquête.

Steve Baer
Steve Baer, Albuquerque, Nouveau-Mexique, USA
Steve Baer sait construire des dômes géodésiques de ses mains et s’intéresse à l’énergie solaire. En 1969, il crée avec Barry Hickmann et Ed Heinz une petite entreprise de construction et de production de systèmes appelée Zomeworks, qu’il dirige toujours aujourd’hui. L’inventeur a créé son outil et va devenir l’un des fondateurs de l’architecture bioclimatique. Steve Baer, qui construit dès les années 60 des maisons « alternatives », laisse en effet de côté les structures exactes et magnifiques de Fuller. Il préfère des systèmes plus aisés à construire, à agréger, plus pragmatiques en un mot et adaptables aux habitants.

La création de Drop City, en 1968 à Trinidad dans le Colorado, symbolise aujourd’hui encore le premier éveil écologique américain. La communauté et ses « droppers » construisent avec Steve Baer un ensemble de lieux de vie composé de 3 coupoles puis des dômes-logements, réalisés en ossature bois et recouverts de tôle récupérée. Le modèle se répand et Steve Baer passe du dôme au zome, donc, une structure plus irrégulière. Son autre passion est l’énergie solaire. Les systèmes de Zomeworks, robustes, techniquement accessibles au commun des mortels, sont adaptés aux traditions américaines de l’Ouest, constructives mais aussi politiques : Zomeworks pense le futur d’une démocratie d’individus autonomes, chacun sur son territoire.


La Cité de l’architecture & du patrimoine accueille jusqu’au 5 septembre une exposition sur les lauréats de ce prestigieux prix d’architecture durable de 2008 à 2010.
Posté par Mariona le 05/27 à 09:06 AM
Habitat
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Mercredi, Mai 26, 2010

Prêts pour l’éco plaisir ?

Par Décisions durables
Et si le Dd pouvait être source de plaisirs ? Qui a dit qu’il devait forcément rimer avec austérité et interdictions ? Si les nouveaux modèles qu’il nous propose pouvaient nous faire de bien ? Décisions durables développe le sujet dans sa troisième édition.

Décisions durables
Comment rendre le développement durable plus désirable ? « Par la prise de conscience que le qualitatif augmente la satisfaction, le plaisir de la vie. » nous répond Edgar Morin. « Quelle est la voie ? Vivre de manière plus autonome, plus épanouie, plus solidaire. Tous ceux qui vivent avec un peu de solidarité vivent bien mieux que les autres. », poursuit-il. Une responsabilité accrue, la qualité plutôt que la quantité, seraient donc source de satisfaction.

Plaisir ou contrainte ?

Mais s’engager dans une démarche globale de développement durable, pour une organisation ou un individu, n’est-ce pas implicitement s’imposer de nouvelles contraintes ? Tout dépend du point de vue : pour Estelle Forget, fondatrice de l’agence de conseil Staff Planète, le DD peut devenir « un formidable outil pour redonner de la motivation à tous les étages » dans l’entreprise. Sophie Bringuy, vice-présidente chargée de l’environnement du Conseil régional Pays de la Loire est plus nuancée : « s’orienter dans une démarche écologique suppose une profonde transformation des comportements. Même si au final nous serons tous gagnants, il ne faut pas se voiler la face : la plupart des gens ont peur du changement… » ; le développement durable est donc moteur pour de nouvelles sources de plaisirs, mais certaines démarches pourraient être difficiles à admettre pour l’homo œconomicus de 2010.
Le consommateur est un autre…

Les marques positionnées Dd et équitables l’ont d’ailleurs bien compris : il faut redonner une place centrale au plaisir de consommer. L’opposition entre responsabilité d’une part et plaisir d’autre part a fait long feu. La posture « morale » des marques équitables a certes séduit une certaine cible mais aujourd’hui, elles visent plus large et ont bien compris l’intérêt d’associer responsabilité et plaisir : cela passe notamment par le côté innovant associé au développement durable mais aussi la reprise du contrôle - appelée aussi « empowerment » chez les anglo-saxons ; où le consommateur éclairé trouve une satisfaction dans la prise conscience de son mode de consommation et de ses effets…

Ces différents sujets sont développés dans le numéro 3 de Décisions Durables, en kiosque depuis le 27 mai.
Posté par Mariona le 05/26 à 07:50 AM
Développement Durable
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Mercredi, Mai 05, 2010

Les tendances du commerce équitable en 2010

Par Anouk Vuillermot
Le tourisme, les produits cosmétiques et le bio, voici trois tendances responsables à découvrir sur le Forum du Commerce Équitable à Lille.

Commerce équitable
© Andrew j. Cosgriff
Du 8 au 23 mai 2010, c’est la quinzaine du commerce equitable! À cette occasion est organisé le cinquième Forum National du Commerce Equitable , pour lequel cette année, du 8 au 10 mai, c’est la ville de Lille qui se mobilise.... Petit aperçu de 3 tendances responsables associées au commerce équitable, que vous pourrez découvrir sur le Forum.







Commerce équitable
© Cmic Blog / Michelle
Le tourisme équitable

Le tourisme équitable est associé à des services touristiques, qui, même s’ils sont proposés par des opérateurs touristiques, ont la particularité d’être élaborés par des communautés d’accueil, autrement dit des populations autochtones, à destination de voyageurs responsables. L’idée, incarnée par la Charte du Tourisme Équitable, est que les bénéfices économiques, mais aussi culturels et sociaux issus de ces activités s’appliquent localement, et de manière équitable à ces populations, pour à terme, contribuer au développement des régions d’accueil. Tourisme responsable, écotourisme, ou encore tourisme durable, ce sont autant de notions encore peu développées, qui associent une dimension sociale mais aussi environnementale au tourisme. En soutien à ces concepts, l’ Association pour le Tourisme Equitable et Solidaire (ATES) a été créée en 2006.





Commerce équitable
© Jérémy Couture
De l’éthique pour les produits cosmétiques?

Tout a commencé avec l’alimentation… Puis le phénomène “commerce équitable“ s’est étendu aux vêtements pour ensuite toucher les produits de beauté : aujourd’hui, les cosmétiques aussi passent à l’équitable ! A l’heure où la composition de ces produits est au cœur des débats, les produits cosmétiques équitables ont tout le loisir de se faire leur place de par l’accent mis sur leur élaboration artisanale et l’utilisation de produits naturels. Leur caractéristique principale reste néanmoins l’utilisation de produits issus du commerce équitable, ainsi que la valorisation de leur savoir-faire afin de favoriser les échanges Nord-Sud. Les débuts de ces produits sont encore timides, mais les gammes se développent peu a peu, et vont compléter les achats responsables de ces dames…




Équitable et … bio !

Plus qu’une simple question de tendance, nous allons voir que les produits biologiques sont complémentaires des produits issus du commerce équitable : la dimension sociale s’étend progressivement à la dimension environnementale. Il est vrai que manger sain est l’une des raisons principales qui pousse les consommateurs à se tourner vers le bio, ce qui donne une nouvelle opportunité aux pays du sud. Seulement, si on va plus loin, quelles sont les conséquences pour ces producteurs ? Elles sont multiples, ce qui rend le problème complexe. D’un côté, on découvre peu à peu que les engrais appauvrissent les sols, provoquent des maladies liées au contact direct avec ces substances, mettent les producteurs en situation d’endettement... Tous ces éléments pénalisent les générations futures et vont à l’encontre des principes du commerce équitable. Ainsi, une production biologique permettrait aux producteurs de pérenniser leur agriculture et de valoriser leurs marchés. Cependant, une certification biologique a un véritable coût pour le producteur. En effet, même s’il produit selon des procédés conformes, ses produits ne sont pas certifiés bio faute de moyens, car cela représente un investissement supplémentaire. Tout l’enjeu réside donc dans l’accompagnement des petits producteurs dans cette démarche.
Posté par Rédaction le 05/05 à 01:57 PM
Commerce équitable
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L’incroyable balade de Monsieur Poulet

Tu es joueur ? Tu aimes te balader avec tes pieds et gagner des cadeaux de qualité ? Tu apprécies les flâneries du dimanche et les chasses au trésor sans chien et sans fusil...alors tu as RV le dimanche 9 mai pour un challenge de qualité !

 Monsieur Poulet
Pour fêter l'ouverture de la Quinzaine du Commerce Equitable , le site de vente de vêtements issus du commerce équitable Monsieur Poulet organise une course d’orientation le dimanche 9 mai dans le 4ème arrondissement de Paris. Au programme, la découverte de quartier, une course effrénée téléguidée, des challenges envoyés par SMS, des lieux improbables ouverts pour l'occasion et pour clôturer le tout une petite sauterie nocturne dans un lieu tenu secret pour les participants. Inscriptions sur Facebook.
T-shirts éthiques

En plus d'être labellisé Max havelaar, le coton utilisé par Monsieur Poulet est issu de l’agriculture biologique, il est certifié GOTS (Global Organic Textile Standard) depuis août 2009. La teinture respecte quant à elle les normes Oeko-tex qui contrôlent l'utilisation de substances nocives.

Acheter et vendre différemment, travailler autrement, aider les plus défavorisés à devenir indépendants, rééquilibrer les rapports Nord/Sud, sont autant de valeurs que le commerce équitable véhicule et s'efforce de mettre en œuvre.

Le coton est une des filières les plus touchées par les inégalités et les injustices du commerce international, en choisissant le commerce équitable nous améliorons la situation des producteurs situés au début de la chaîne. Pour nous assurer que ce projet humain et durable soit mené à bien, nous avons choisi de travailler avec le label Max Havelaar. Max Havelaar France est une association à but non lucratif, qui a pour objectif de permettre aux producteurs et aux travailleurs défavorisés du Sud de vivre dignement de leur travail en instaurant des règles commerciales plus justes.

Le label Max Havelaar garantit au consommateur : • Un prix juste pour le producteur • Une prime de développement pour la coopérative • La garantie du respect des droits fondamentaux des personnes • Un coton respectueux de l'environnement

Les producteurs respectent l'environnement via l'interdiction de produits toxiques et de semences OGM, le suivi et la mesure de l'impact environnemental, mais aussi la gestion des déchets. Chaque entreprise impliquée dans la chaîne de transformation doit prouver qu'elle respecte les droits fondamentaux des personnes comme l'interdiction du travail des enfants et du travail forcé, l'amélioration des conditions de travail (salaires, horaires, sécurité, syndicats...). L'éthique des conditions de fabrication du textile est strictement contrôlée.
Posté par Mariona le 05/05 à 01:37 PM
Commerce équitable
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La reforestation : le Plan Epargne Retraite des producteurs de cacao

Par Mariona Vivar
Dans la forêt péruvienne, les terres déforestées dans les années 1980 pour accueillir des plantations de coca font aujourd’hui l’objet d’agroforesterie. Entre commerce équitable et projets de replantation et de préservation, une nouvelle économie est en marche… au profit des producteurs.

Alter Eco
© Eric Garnier
Quand Osvaldo et Charito ont entendu les hélicoptères américains du corps anti-drogue vrombir au-dessus de leurs plantations de coca et asperger leurs champs, ils se sont sentis démunis. C’était en 1990, et le maudit champignon gringo a asséché les 11 Ha de coca d’Osvaldo. La poule aux œufs d’or s’est envolée. « J’étais narcotrafiquant, je voyageais beaucoup et je pouvais me payer des femmes. D’un jour à l’autre, j’ai tout perdu. Nous étions très pauvres, après l’éradication de la coca », remémore Osvaldo, 53 ans. Ce péruvien habite en forêt amazonienne, au bord du fleuve Alto Huayabamba. L’aéroport le plus proche se trouve à Tarapoto, à trois heures en bateau, et trois heures en voiture.

De la coca au cacao

Si dans les années 1980 le fleuve a connu un trafic incessant des sicaires et de cargaisons de feuilles de coca, c’est aujourd’hui le cacao que l’on transporte par bateau. Aujourd’hui, 1 500 petits agriculteurs de cacao se sont regroupés au sein de la coopérative Acopagro, premier exportateur de cacao du pays. Depuis la région de San Martin, il est exporté aux Etats Unis et en Suisse, où est produit le chocolat de la marque de commerce équitable et bio Alter Eco.

La coca a été la principale responsable de la déforestation dans la région. Le cacao, en revanche, est cultivé selon les principes de l’agroforesterie qui consiste à combiner culture agricole et entretien de la forêt. Les producteurs cultivent aussi la canne à sucre, la noix de coco ainsi que des cultures vivrières telles que le maïs, les bananes plantain, le manioc puis d’autres fruits et légumes de cette vallée reculée.

Alter Eco
© Eric Garnier
La déforestation : comment arrêter ce fléau ?

Mais il reste encore des aires dégradées, triste héritage de la période de la coca et de l’agriculture migratoire. Le gouvernement régional estime que 57 221 Ha de forêt partent en fumée dans la région de San Martin tous les ans. Rappelons seulement que la déforestation est responsable de 20% des émissions de gaz à effet de serre de la planète. Ici, à San Martin, cela se traduit par une réduction drastique de la productivité des cacaoyers. En effet, les producteurs qui ont les meilleurs rendements sont ceux qui sont les plus proches des zones forestières encore intactes, car les conditions pluviométriques sont idéales. Là où on a coupé les arbres, à moins de 10 kilomètres de là, il pleut déjà beaucoup moins et les cacaoyers suffoquent sous la lumière intense du soleil.

Le Pur Projet del amigo Tristan

Le fondateur et président d’Alter Eco, Tristan Lecomte, est l’un des principaux acheteurs de cacao d’Acopagro. Très concerné par le sort des agriculteurs, il leur rend visite trois fois par an. En 2008, « el amigo Tristan » est arrivé avec un « Pur Projet » qui a séduit les membres de la coopérative. Les agriculteurs sont payés pour planter des arbres, dans le cadre des projets de compensation carbone engagés par les entreprises occidentales comme Nestlé Waters (350 000 arbres), Hugo Boss ou GDF. Même l’actrice Marion Cotillard s’est lancée dans le projet en achetant une 150 arbres à 4 euros l'unité. « On vous donne gratuitement les plantons d’arbres natifs, vous êtes payés 1 sol par arbre (25 centimes d’euro) pour les planter, et dans 20 ans, les revenus de la vente du bois seront tous pour vous. Pur Projet vendra les crédits carbone aux entreprises occidentales et financera ainsi le projet », annonce Tristan Lecomte aux agriculteurs. Voici un projet de reforestation qui permet de lutter contre le changement climatique et de proposer un modèle d’exploitation durable de la forêt.

Alter Eco
© Eric Garnier
Le Plan d'épargne Retraite

La coordination du projet est assurée par Maria Pilar et Mayra, deux ingénieures agronomes employées par la même coopérative. Elles ont pour mission de mesurer les parcelles de cacao ainsi que les parcelles à reforester, d’organiser des formations pour les producteurs sur la reforestation, d’organiser la distribution et le suivi des plantons ou encore d’assurer le monitoring en vue de la certification de capture du carbone du projet.

En 2 ans, plus de 400 000 arbres ont pu être plantés par les 400 producteurs participant au projet, regroupés au sein de 21 villages. L’objectif est de planter 2 à 4 millions d’arbres en 5 ans, ce qui serait équivalent à 2,3 millions de tonnes de CO2 capturés en 40 ans. La certification du projet est prévue avant la fin de l’année.
La déforestation évitée : un nouveau filon

Aujourd’hui, les producteurs d’Acopagro veulent aller plus loin. Ils souhaitent aussi préserver les aires de forêt vierge menacées par les industries forestières Ils visent ainsi à obtenir la concession du gouvernement pour préserver plus de 115 000 hectares de forêt, de ruisseaux et rivières et d’une incroyable réserve de Biodiversité. De nouveaux postes de travail seront créés afin de développer des activités qui permettent de bénéficier de la forêt sans la détruire : surveiller la forêt avec des gardes forestiers et des photo satellites, extraire des semences, développer l’éco-tourisme… Bref, un nouveau modèle économique pour les populations locales.

Posté par Mariona le 05/05 à 11:36 AM
Commerce équitable
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