Tous à vélo!
A l’heure où certains français suivent avec passion les étapes du Tour de France et où la saison estivale permet à chacun de réduire son impact environnemental en choisissant chaque matin son vélo plutôt que sa voiture ou sa moto, quel est l’état des lieux du deux roues le plus écolo et le plus indémodable de la planète ?
Tour de France, BREST - PLUMELEC, départ sur le pont Albert Louppe. Photo JEROME FOUQUET
Depuis le milieu des années soixante, la ville a dû s’adapter à l’automobile. La mise en place d’infrastructures pour faciliter les déplacements urbains motorisés n’engendre pourtant que l’accroissement des nuisances et de la pollution. Il devient vital pour les villes, face à la nécessité d’un développement durable, de repenser leurs aménagements urbains, notamment avec l’aide des agendas locaux, pour inciter ses habitants à prendre les voies alternatives d’un déplacement plus propres et non motorisé.
Car la pratique du vélo, peut en freiner plus d’un face aux problèmes de sécurité, de modération de la circulation automobile, de stationnement, de vol, d’aménagement de la voirie…
Alors que certains pays comme les Pays-Bas ont adopté culturellement la pratique quotidienne du vélo dans leur déplacement de courte distance, les français, parfois contraints et forcés en temps de grève, retrouveront - ils un regain d’intérêt pour cette pratique 100% sans CO2 ?
Dans le blog de Dominique Bidou, la définition du vélo dans le cadre du développement durable souligne que nous serions perturbés de décloisonner nos modes de vie et de mêler ce type de transport habituellement réservé au loisirs et aux exploit sportifs avec le mode « travail » où se trouve la voiture et les transports en commun. La solution pour adopter le vélo tous les jours, serait tout simplement de savoir s’affranchir de ses cloisonnements. « Transports quotidiens, sport, simples moments de détente, autant d’occasions d’offrir à son corps des occasions d’exercice et d’effort, le plus simplement du monde, mais chacune de ces “tranches de vie” a sa propre logique, ses règles, ses références, et il faut savoir s’en affranchir pour retrouver son unité et “gagner sur plusieurs tableaux” à la fois. »
Quelques chiffres d’encouragement
D’après un récent sondage publié par l’observatoire du sport FPS – IPSOS, la pratique du vélo reste le sport préféré des français devant la natation. 20,7 millions déclarent faire du vélo et 3 sur 10 pratiquants le font chaque semaine, 36%, plusieurs fois par mois, et 82,3% des français le pratique en vacances.
La compétition ne concerne qu’une minorité (2,3%) et la majorité des cyclistes roulent en famille (56,6%), les cyclistes en solo sont de 27,9% et 18,3% préfèrent se suivre entre amis.
photo j.d.ripper / flickr
Et la route n’est pas finie, puisque les cours de vélo attirent de plus en plus les novices. Vaincre la peur de s’insérer dans la circulation ou reprendre du bon pied la pratique du pédalier, de plus en plus d’adultes remontent en selle et participent à des cours de vélo. L’association AICV (Animation Insertion et Culture Vélo) proposent depuis 10 ans des cours aux parisiens afin d’apprendre les bonnes habitudes en cinq à dix leçons.
Les stations-vélos voient le jour un peu partout en France, à l’exemple de VélôToulouse , qui roule depuis novembre 2006. Le succès des Vélib parisiens confirme que les français sont sur la bonne voie. La transformation serait telle que l’on assiste à la naissance d’un nouveau type de citadin où le cycliste à Vélib possède son propre langage. Le parler Vélib a son dictionnaire : « le dictionnaire du Vélib » par Anne Abeillé, une linguiste-cycliste qui a voulu réunir le vocabulaire des vélibistes tout en expliquant l’engin et ses origines ...hongroises ! Êtes vous un vélibiste, vélibeur, vélibête ou un véloose ?
Les entreprises prennent le virage
Pédaler chaque matin vers son lieu de travail sous les beaux jours, motive désormais plus d’un salarié, mais encore faut-il pourvoir le faire. Les entreprises mettent en place des solutions innovantes pour intégrer leurs activités mais aussi leurs employés dans une démarche de développement durable. Certaines entreprises mettent des douches à disposition de leurs employés, d’autres vont plus loin et offrent des vélos flambant neufs à leurs employés. C’est le cas de
, une entreprise lavalloise, leader sur les marchés de pompage, qui en échange d’un engagement moral de venir la moitié du temps à vélo, vient de mettre 50 vélos à libre disposition de ses salariés.