Médecins du Monde dénonce la surexploitation des maquiladoras
par Médecins du MondeDans les usines agroalimentaires de Guatemala, les femmes sont majoritaires et travaillent 11 heures par jour, 6 jours par semaine. Médecins du Monde exige que les multinationales qui achètent ou se fournissent auprès des usines du Guatemala veillent au respect du droit du travail international et du droit à la santé chez leurs sous-traitants pour qu’elles arrêtent d’être complices de cette situation.
© Lam Duc Hien
Des licenciements abusifs, des abus impunis
De nombreux entrepreneurs poussent à la démission ou licencient celles qui cherchent à défendre leurs droits, allant même jusqu’à établir des listes noires de femmes à ne pas embaucher. Faces à ces abus, les femmes n’ont que peu de recours et ces violations restent encore trop souvent impunies. « Les autorités se préoccupent plus d’appliquer les lois qui servent les intérêts des maquillas, et ce aux dépens de nos droits » témoigne Rosa, ouvrière dans une maquila.
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Entre 2006 et 2009, Médecins du Monde a mené une enquête auprès des ouvrières de 16 usines des départements de Chimaltenango et Sacatepéquez pour mieux connaître leurs conditions de travail, leur état de santé et leurs difficultés d’accès au droit à la santé.
Les femmes représentent 85 % des salariés des usines de textiles et des industries agroalimentaires, et trois quarts d’entre elles a dû commencer à travailler alors qu’elles étaient encore mineures. Elles sont indigènes pour la plupart et avec un faible niveau de scolarisation.
La responsabilité des multinationales
Dans les années 1990, les maquiladoras - usines de sous-traitance travaillant pour l’exportation - sont apparues massivement au Guatemala, comme dans toute l’Amérique centrale. Après 36 ans de guerre civile, le retour de la paix, la proximité géographique avec les Etats-Unis, les salaires inférieurs à ceux du Mexique et les avantages fiscaux ont rendu le pays particulièrement attractif pour la sous-traitance de produits industriels et agroalimentaires.
Filiales d’entreprises étrangères ou usines financées par des capitaux étrangers, les maquiladoras (usines de textile) et les usines agroalimentaires utilisent une main d’œuvre moins chère, peu qualifiée et surexploitée pour la confection de textiles ou le conditionnement de fruits et légumes exportés vers d’autres pays, principalement vers le marché occidental (Etats-Unis et Europe).
Aujourd’hui 80 maquiladoras sont répertoriées au Guatemala et le secteur employait entre 75 000 et 100 000 personnes en 2002. Médecins du Monde dénonce : « Si ces usines sont considérées comme des moteurs de développement, les emplois restent précaires et mal rémunérés : discrimination à l’emploi, conditions de travail dangereuses pour la santé, harcèlement psychologique, insultes et violences physiques, licenciement abusifs, horaires interminables, non-paiement des heures supplémentaires sont monnaie courante ».
A cela, s’ajoute les violations des droits des travailleurs et particulièrement du droit à la santé : entraves aux visites médicales, non déclaration à la sécurité sociale, absence quasi-totale de services de santé adaptés au sein des usines…
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Dans l’agroalimentaire, les femmes viennent principalement consulter pour des infections respiratoires, des irritations de la peau et allergies, des maux de tête, douleurs lombaires, douleurs urinaires, troubles intestinaux... mais aussi pour des pathologies liées au manque de sommeil, au stress et à la nervosité.
Médecins du Monde exige « que les entreprises européennes et américaines qui achètent ou se fournissent auprès des usines du Guatemala veillent au respect du droit du travail international et du droit à la santé chez leurs sous-traitants pour qu’elles arrêtent d’être complices de cette situation ».
Cette étude sera illustrée par de nombreux témoignages vidéo dans l’exposition Femmes après coup qui aura lieu à l’Hôtel de Ville de Paris du 4 au 18 avril 2010. Entrée libre.





