L’assainissement planétaire en 2008


(photo: IYS)

Les Nations Unies ont décidé de faire de 2008 l’Année Internationale de l’Assainissement (AIA ou IYS). Inscrite dans les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), cette résolution permettra enfin de garantir le progrès des conditions sanitaires, principalement dans les populations les plus pauvres et de dé-stigmatiser l’assainissement, garant de meilleures conditions de vie. Un accès à l’assainissement pour tous est le facteur déterminant pour réduire la pauvreté. Les populations les plus riches de la planète utilisent en effet quatre fois plus de systèmes améliorés que les plus pauvres. (Source: CREPA)
Qu’est-ce que l’assainissement ?
L’assainissement permet de garantir un environnement salubre par l’évacuation et le traitement des eaux usées, excréta et déchets solides et le contrôle des eaux de ruissellement jusqu’à une certaines intensité de pluies. Par des moyens techniques, institutionnels et sociaux, l’assainissement garantit la santé publique en empêchant la prolifération de bactéries qui peuvent provoquer des maladies telles que des hépatites, le choléra ou le paludisme… (Source: wikipédia)
Deux types d’eaux sont à traiter
Les eaux de ruissellement : Issues des pluies, le but est de les drainer vers le milieu naturel afin d’éviter leur stagnation dans les surfaces perméables des villes et éviter la dégradation d’infrastructures.
Les eaux usées : Issues des activités domestiques humaines, de l’agriculture et de l’industrie, le but est de les amener à un système d’épuration, avant de les évacuer sans polluer l’environnement. La plupart des réseaux d’égouts élaborés dans les grandes villes sont couteux et grands consommateurs d’eau. Une personne peut consommer en moyenne 25 litres d’eau par jour à cet effet.
Le traitement des déchets.
Une organisation de la collecte et un traitement efficace des déchets, notamment par le tri sélectif et le recyclage, sont désormais des mesures acquises pour la plupart des pays riches.

Cependant, encore trop de pays en voie de développement n’ont pas de systèmes de gestion de déchets suffisants et cette latence provoque de graves conséquences environnementales, sanitaires et sociales.
De nombreux exemples à travers le monde, comme en Inde à travers les reportages (en anglais) de la Society Development Foundation, révèlent la catastrophe écologique et humaine induite par le rejet des eaux industrielles non traitées, ou encore le non-respect de la dignité humaine qu’entraînent des conditions de vie insalubres.

Pourquoi une année de l’assainissement?
Le constat est sans appel, d’après le Département Economique et Social des Nations Unies, plus de 200 millions de tonnes de déchets d’origine humaine ne sont ni collectés, ni traités chaque année entraînant le développement de maladies mortelles. 2,6 milliards de personnes n’ont pas accès à l’assainissement, un enfant meurt de cette conséquence toutes les 20 secondes.
Résoudre le problème de l’assainissement revient à sauver 1, 5 millions d’enfants par an.
Selon Mme Veneman, directrice générale de l’UNICEF
« Les enfants sont les plus vulnérables et ce sont eux qui continuent à payer le prix le plus fort en termes de vies et d'avenir sacrifié (…) Les enfants sont au cour des Objectifs du Millénaire pour le développement, de la réduction de la pauvreté à la santé maternelle et infantile et à l'instauration de l'égalité des sexes et de la viabilité environnementale. (…) La réponse au problème de l'assainissement aura un impact positif sur tous ces objectifs. »

Les gouvernements ont tout intérêt à investir dans la mise en place de systèmes d’assainissement efficaces, puisqu’un seul dollar dépensé, permet d’économiser de 3 à 4 dollars en santé, éducation et développement économique et social. Le coût moyen estimé pour atteindre l’objectif serait de 11, 6 milliards soit moins que la dépense annuelle moyenne nord-américaine pour les animaux de compagnies, ou à peu près autant que la dépense annuelle des Européens en achat de glaces ou crèmes glacées.
Ne pas atteindre cet objectif serait ne pas réaliser l’ensemble des mesures des Objectifs de Développement du Millénaire. En effet, l’assainissement conditionne la santé, la mortalité infantile, la réduction de la pauvreté, la reconnaissance des femmes, l’assiduité à l’école, et le développement économique et sociale.

Quelles sont les actions?
Les premières actions se focalisent essentiellement sur la sensibilisation.
Il s’agit tout d’abord de faire naître une prise de conscience sur l’importance de l’hygiène, de l’assainissement au niveau des ménages et la gestion efficace des eaux usées. Il faut convaincre les gouvernements et les partenaires concernés de mettre en place et promouvoir des politiques ciblant l’assainissement. Dans un premier temps, il faut repérer les actions concrètes urgentes à mener et désigner qui seront les responsables de leurs mises en application. Enfin, l’AIA mobilise les communautés locales pour changer les comportements et apporter une éducation à la santé.
Les actions doivent viser à augmenter sensiblement le nombre de personnes qui a accès à l’assainissement tout en améliorant les bonnes pratiques d’hygiène.
La sensibilisation s’effectue au travers de conférences, de discussions politiques, mais aussi par des campagnes médiatiques, des initiatives au niveau local et national, et notamment dans les écoles. A travers ces campagnes, des ambassadeurs de notoriété politique, corporative, religieuse ou publique porteront le message pour que l’assainissement ne soit enfin plus considéré comme un sujet embarrassant dans de nombreuses cultures et sociétés.

Quelles sont les solutions durables et accessibles ?

Il est maintenant temps d’agir. Les technologies, les méthodes et les personnes compétentes existent. Les compagnies privées, les gouvernements sur le plan national et local, les communautés, la société civile, les organisations du troisième secteur…tous doivent travailler ensemble et se concerter pour mettre en place les plans d’actions. L’objectif de réduire de moitié le nombre de personne qui n’a pas accès à l’assainissement d’ici 2015 peut être atteint avec la mobilisation de tous. L’investissement demandé, environ 10 milliards de dollars reste bien modeste et abordable, et d’ici 10 à 20 ans il pourrait permettre d’enrayer totalement ce problème de la planète.
Appliquer des solutions simples et écologiques est possible. Ainsi, en Inde après la dévastation du Tsunami, des associations comme ACTED ont mis en place la reconstruction de villages associés à un système de latrines écologiques.
Il ne s’agit pas d’instaurer des systèmes tel que les W-C dont l’impact environnemental reste accablant. La technique du W-C inventée à la fin du 19ème siècle par l’anglais Thomas Capper, n’est désormais plus viable dans une optique de développement durable, et il est temps de passer à des solutions alternatives. On parle désormais de nouvelles techniques telles que les toilettes sèches qui continuent leur progrès, et notamment la génération des TLB, toilettes à litières biomaîtrisées.


Mais en restant dans le format actuel des systèmes d’assainissement tels qu’appliqués dans la plupart des pays développés, de nouvelles techniques de système d’épuration, plus respectueuses de l’environnement sont aussi mises en place. L’épuration des eaux usées par l’utilisation de marais artificiels est un système très efficace pour les petites communes. Le dispositif végétal qui utilise la plantation de roseaux, de bambous, traite les boues de manière simple et naturelle.
Des solutions simples, peu coûteuses et écologiques existent. L’Année Internationale de l’Assainissement permettra à chacun d’adopter une vision différente de la une gestion des eaux usées et des déchets et de comprendre leurs influences sur les conditions sociales et économiques. La mise en place des actions qui seront décidées en 200 8 ne se fera pas en une année, mais la prise de conscience ne pourra que bel et bien être effectuée.

Crédits photos: brochure de l'International Year of Sanitation & Flickr -Nadukuppam
Posted by on 02/15 at 06:40 AM
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SANTE ET ENVIRONNEMENT: enjeux indissociables et défis interdépendants…
En tant que médecin soucieux d’éradiquer certaines maladies - dont on ne dira jamais assez qu’il s’agit de fléaux liés à des problèmes d’assainissement de l’environnement -, je travaille actuellement à un projet de “Gestion globale et intégrée des déchets”:
- que j’ai récemment soumis à l’appréciation des autorités de mon pays (Congo-Brazzaville);
- consultable à l’adresse http://www.congo-internet.com/congoforum/viewtopic.php?f=44&t=21.

Par ailleurs, en appui au projet de “Gestion globale et intégrée des déchets”, je milite actuellement en faveur - excusez du peu - d’une FUSION DES MINISTERES DE LA SANTE ET DE L’ENVIRONNEMENT, et pour cause: il s’agit ici d’un concept innovant par lequel passe la maîtrise de l’essentiel des problèmes de santé publique de mon pays, problèmes qui, à l’image du paludisme (exemple parmi les plus édifiants et même terrifiants), sont aussi, à la base, des enjeux de sécurité et de responsabilité environnementales. Ceci dit et constaté, je m’en explique dans des documents accessibles à partir des liens ci-après:
- http://connect.docuter.com/documents/19640191124ac33e0c9d5871254309388.pdf;
- http://filesocial.com/3mm593.

Pour l’heure, j’ai du mal à imposer mes projets, essentiellement pour des raisons de lourdeur et de lenteur administratives. A quoi s’ajoutent une certaine inertie et résistance au changement. Pour ainsi dire, la partie n’est pas gagnée, et loin s’en faut. Qu’à cela ne tienne: jamais, alors jamais, je ne baisserai les bras, quand bien bien même je suis conscient de me battre les mains nues. Cela étant, je demeure persuadé d’un fait, ainsi résumé: “Le chemin se fait en marchant” (Jean-Paul SARTRE).

Cordialement,
Docteur Michel ODIKA

Posted by  on  02/08  at  05:37 AM
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